Que nous disent les presque 70% d’abstention au second tour de la présidentielle ?

Le quatrième scrutin de 2021 s’est terminé avec un taux de participation extrêmement faible : 30,3% en Bulgarie. Roumen Radev, qui remporte le second tour selon les résultats préliminaires, explique cela par la lassitude. "Les gens en ont assez des élections, de la pandémie, des manipulations et des scandales organisés. Et surtout, notre victoire écrasante au premier tour a rassuré beaucoup de monde", dit-il.

Les analystes y voient cependant d’autres raisons. Les Bulgares ont cessé de croire que voter a un sens, a déclaré à la RNB le publicitaire Radoslav Bimbalov. Selon lui "la passivité électorale à laquelle nous assistons indique que les électeurs rejettent la possibilité de donner leur avis sur ce qui passe au sommet de l’Etat. C’est une conclusion terrifiante que nous devons comprendre en tant que société", dit-il.

A chaque nouveau scrutin on enregistre un taux d’abstention de plus en plus élevé, ce qui rend problématique la légitimité du pouvoir, notent les experts. Les raisons en sont nombreuses : depuis le manque de grand enjeu au second tour à l’inflation du leadership et la défiance des électeurs dans les politiques bulgares.

Selon la psychologue Mihaylina Abrachéva c’est un problème grave, car "quelle que soit la personne qui prendra les rênes du pouvoir, elle n’aura pas le sentiment rassurant d’un soutien public fort. La responsabilité est différente quand on est soutenu par des millions de gens et quand ils ne se comptent que par milliers. La responsabilité, le sentiment qu’on est important, l’autoévaluation, la façon dont nous évaluent les autres, tout cela s’affaiblit lorsque le taux d’abstention est élevé. Lorsqu’un homme d’Etat part de positions faibles, il lui est facile d’outrepasser des limites, même personnelles, on peut facilement en arriver à une gouvernance autoritaire, il peut facilement devenir incontrôlable", dit-elle. Selon Mme Abrachéva la raison du faible taux de participation au second tour de la présidentielle est à rechercher dans le désintérêt des électeurs et pas dans une lassitude d’aller voter.


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