Un conte japonais raconté par des marionnettistes bulgare…

Les Journées de la culture japonaise en Bulgarie ont incité le théâtre de l’Armée bulgare de Sofia à mettre en scène un conte pour adultes et enfants dont l’action se passe au Pays du Soleil levant…

Le prince de la Mer et le Prince de la Terre nous plonge dans la mythologie nippone, pour raconter l’histoire des petits enfants de la Déesse du Soleil Amaterasu, les frères Hoori et Hoderi, à l’époque où les qualités et mérites personnels des hommes faisaient d’eux des empereurs, jouissant de l’amour de leurs sujets.  Le spectacle est parrainé par l’EU JAPAN FEST 2019, et fait partie du répertoire du théâtre de Plovdiv, proclamé en 2019 Capitale européenne de la Culture.


C’est Eléna Panayotova qui a mis en scène le spectacle, dont les narrateurs sont Victor Boychev et Roumen Karamanov. Le bon prince, Hoori, est incarné par Vélizar Evtimov et le rôle de son jumeau grincheux et toujours de mauvaise humeur, Hoderi, est confié à Alexandre Karamanov, qui nous en dit plus sur les défis de ce conte japonais adapté au public bulgare :


Les répétitions ont duré deux mois, mais pour commencer, nous avons dû nous documenter sur la culture japonaise et ses particularités. Une culture très différente de la nôtre, y compris au niveau de la dramaturgie et du jeu sur scène…

Et comme c’est un théâtre de marionnettes, elles sont deux, fabriquées spécialement dans l’esprit des maîtres japonais du genre :

La marionnette de la Princesse est une poupée que l’on ne fabrique plus depuis 50 ans, nous confie la metteuse en scène, Eléna Panayotova. – J’ai eu la chance de rencontrer un grand marionnettiste à Tokyo, Arata Kavaguchi, qui a 75 ans, mais qui a trouvé l’inspiration pour concevoir la marionnette de notre spectacle.

Justement, la Princesse des Mers est manipulée par trois marionnettistes dont Maria Dimitrova :


Ce fut pour moi un réel défi que de donner vie à cette princesse. Au Japon, il y a un marionnettiste pour guider la tête et un autre pour le corps et c’est un art qui demande une dizaine d’années d’apprentissage. Comme nous n’avions pas beaucoup de temps pour apprendre, on a un peu « bulgarisé » la méthode, mais le résultat est très convaincant, à en juger des réactions du public.

Tout est une question de synchronisation des mouvements, poursuit Natalia Vassiléva, qui manipule les mains de la Princesse. Il a fallu mettre en place des mouvements simultanés, et être complètement raccord au niveau des gestes. Notre amitié en dehors du théâtre nous a beaucoup aidées pour « apprivoiser » la Princesse.


La marionnette du Prince est manipulée par Daniella Tanéva qui a appris le métier au Japon :

J’ai fait la connaissance de personnes merveilleuses qui n’avaient jamais formé auparavant un étranger, mais qui étaient prêtes à me transmettre leur science. Je n’oublierai jamais mon maître Takeshi qui, à 70 ans, avait plus d’énergie que moi…


La 30 édition des Journées de la culture japonaise coïncident avec les 80 ans de l’établissement des relations diplomatiques entre la Bulgarie et le Japon et les 60 ans de leur rétablissement après la Deuxième guerre mondiale. Le programme des journées, qui a commencé en septembre, s’achèvera le 6 décembre précisément avec un concert des Chœurs des enfants de la Radio nationale bulgare et de Fuyuki Enokido, qui joue du traditionnel instrument japonais, le koto /harpe japonaise/. En effet, les Chœurs des enfants de la Radio nationale sont très connus et appréciés depuis des décennies au Japon où ils ont donné plus de 500 concerts dans 150 villes du Pays du Soleil levant…

Récit : Sonia Vasséva

Photos : pptheatre.com

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