Pentcho Sémov, le "Rockefeller bulgare" !

| Modifié le 28/11/19 à 16:42

Pentcho Sémov est un de ces Bulgares qui accueille avec un enthousiasme enfantin la libération de la Bulgarie du joug ottoman de 5 siècles, qui permet à l’esprit d’entreprenariat de se lancer dans le développement de l’industrie moderne dans le pays. Né en 1873, au village Tsvyatkovtsi, région de Gabrovo, Pentcho Sémov ne fait pas d’études dans des universités étrangères. Mais son esprit éveillé, son aspiration de puiser dans l’univers de la science, ainsi que son courage d’œuvrer en vue de la réalisation d’idées novatrices en font un industriel de talent que les journalistes iront jusqu’à qualifier de « Rockefeller bulgare ». Il a été actionnaire dans 28 sociétés et fabriques et fait partie des Conseils de direction de quatre banques et de deux compagnies d’assurances.

Après avoir terminé ses études primaires, il a longtemps accompagné son père qui était commerçant, dans ses affaires, commence son récit Krassimira Tcholakova, auteure d’un livre biographique sur la vie de l’industriel. – Son père a eu un bureau à Toutrakan et a laissé son fils s’en occuper, alors qu’il n’avait que 14 ans. Pentcho Sémov apprenait vite tout ce qui l’intéressait auprès des autres commerçants et peu après son arrivée en ville il troque ses habits paysans contre le costume européen. 

Pentcho Sémov considère ses subordonnés comme des membres de sa propre famille. Il leur fait construire des maisons, finance leurs formations en refusant catégoriquement de se faire rembourser un jour.

Une fabrique pour des tissus, écharpes, tresses, ceintures et autres de Semov&Gueorguiev à Gabrovo. Photo: Agence d'Etat

Il est possible que la charité anime ses faits et gestes grâce à l’église et à tout ce qu’il éprouve lui-même – il se marie tout jeune avec une femme de la ville de Gabrovo (Bulgarie centrale) qui se nomme Anitsa Gadééva, mais qui malheureusement est emportée avec leurs deux enfants par la tuberculose – poursuit son récit Krassimira Tcholakova. – Pentcho Sémov fait don de 300 mille leva d’or dans le but de faire du lobbying au profit de la Bulgarie pour réduire au maximum les prétentions émises envers notre pays à l’époque de la signature du Traité de Neuilly. Il fait également don de 1,25 million d’euros à des églises et des monastères, crée son propre fonds à son nom auprès de la bibliothèque de Gabrovo, destiné au développement de la littérature et à de nouvelles recherches dans le domaine de la technique et de la médecine, finance les études de jeunes Bulgares au collège « Saint Augustin » de Plovdiv, au lycée d’Aprilovtsi, ainsi qu’aux écoles de Varna. Ne sont pas non plus rares les cas quand des jeunes gens qui travaillent pour lui décident de poursuivre leurs études que lui-même souhaite financer. C’est un des rares Bulgares qui financent largement la culture bulgare – il paye les travaux de construction du monument de Vassil Aprilov à Gabrovo dont l’auteur est Kiril Todorov, paye les travaux du sculpteur Joseph Skvara qui fabrique l’iconostase de marbre à la Communauté spirituelle de Gabrovo. Qui plus est, Pentcho Sémov fait don de sa villa à Varna à l’Union des journalistes et crée ainsi l’un des premiers établissements pour des « sans- abris » à Sofia.

Le bienfaiteur construit également des maisons de retraite pour ses employés, une de ses fabriques étant désignée pour couvrir les frais d’entretien de ces dernières et dont il ne récupère aucun bénéfice. Pentcho Sémov lègue la moitié de ses biens à des œuvres caritatives. Le 9 septembre 1944 un véritable ouragan balaye tout son travail et le sens de sa vie. L’Etat s’approprie toutes ses fabriques et ses biens à hauteur de 950 millions d’euros, une bonne partie des personnels dont Sémov avait assuré la formation étant jetés dans des camps de concentration. Heureusement, Pentcho Sémov disparaît avant de voir mourir le rêve de sa vie.


A l’époque, Pentcho Sémov aimait recevoir ses invités dans le beau parc de sa villa. Là-bas, près de la fontaine où est gravée l’inscription « Amour, travail et persévérance » il leur offrait des loukoums aux couleurs du drapeau bulgare.



Version française : Nina Kounova


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