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Béléné, le fief du catholicisme en Bulgarie du Nord…

| Modifié le 27/06/21 à 09:35
L'église catholique de la "Nativité de la Vierge marie" à Béléné
Photo: Vénéta Nikolova

La ville de Béléné, sur le Danube, compte à peine 8 000 habitants dont une grande majorité des catholiques qui respectent et pérennisent depuis des siècles leur foi et leurs valeurs. Ils constituent en fait la plus grande communauté catholique dans le Nord de la Bulgarie…

Une page d’histoire…

D’après les chroniques, pendant les siècles de domination ottomane, une importante communauté de pauliciens, représentant une religion d'origine chrétienne orientale, probablement arménienne, aujourd'hui disparue, s’installent dans la ville de Béléné au bord du Danube. Le paulicianisme est un mouvement néo-manichéen apparaît en Asie Mineure, alors part de l’Empire byzantin, à la fin du VIIe siècle. Il a été considéré comme hérétique par les Églises catholique et orthodoxe. Au XVIIe siècle, ils sont associés à l’église catholique par le missionnaire bosniaque et évêque Pétar Solinat. En 1688, lorsque l’insurrection de Tchiprovtski est sauvagement écrasée, une grande partie des catholiques de Béléné prennent la fuite et se réfugient en région valaque, mais une grande partie finit par revenir par la suite dans leur ville, opposant une résistance à l’ennemi, y compris pendant les dures années de régime communiste.

Le monument de Jean-Paul II en bronze fabriqué en Pologne, haut de 3 mètres

En 1949, le centre historique de Béléné est détruit par les eaux montantes du Danube en crue qui efface à jamais certains de ses édifices emblématiques. Aujourd’hui, c’est à cet endroit que se dresse la statue du pape Jean-Paul II /1920-2005/ et ce n’est pas un hasard :

„Dès les années 80 du siècle dernier, le souverain pontife appelle à la diffusion de l’histoire des catholiques bulgares pour que le monde sache toutes des persécutions et souffrances qu’ils ont dû subir », nous confie Miroslav Mikhaïlov, homme publique et paroissien catholique.

Evguénii Bossilkov, le premier saint catholique bulgare…

Monseigneur Evguénii Bossilkov et ses paroissiens

Les habitants de Béléné sont reconnaissants au pape Jean-Paul II qui proclame, en 1998 en la basilique « Saint Pierre » à Rome, l’évêque bulgare, monseigneur Evguénii Bossilkov, victime de la terreur communiste en Bulgarie. Un sanctuaire avec une partie de ses  reliques se trouve de nos jours encore en l’église de la « Nativité de la Vierge Marie » à Béléné.

Evguénii Bossilkov est né en 1900 et reçoit le baptême le jour même. Plus tard, l’enfant qui joue sur la rive du Danube, tombe à l’eau et disparaît entraîné par le courant. Sauvé par miracle grâce aux ardentes prières de sa mère adressées à la Vierge. En signe de reconnaissance la maman d’Evguénii offre son enfant à Dieu. Voilà comment, âgé de onze ans à peine, le garçon franchit le seuil du Séminaire passioniste et quelques années plus tard il est envoyé poursuivre ses études successivement en Belgique, aux Pays-Bas et en Italie. Au bout de dix ans de formation assidue, il revient au pays en 1926 et il est ordonné prêtre.

La statue de la Vierge Marie dans la cour de l'église

L’église de la « Nativité de la Vierge Marie » a été construite au 15e siècle, mais a été incendiée à 4 reprises par les Turcs. Sa dernière reconstruction date de 1860 et elle était considérée comme la plus grande église de Bulgarie avant la construction en 1912 de la cathédrale « Alexandre Nevski » de Sofia. Ses colonnes sont en marbre massif, importé de Chine. Une statue de la Vierge Marie se trouve dans sa cour, commandée en Italie. Elle est tournée vers le buste de monseigneur Evguénii Bossilkov.

Le 11 novembre 1952 à 11H30, après un procès monté de toute pièce, monseigneur Evguénii Bossilkov est exécuté par le régime communiste. C’est à ce moment précisément que l’horloge de l’église est arrêtée…

Le père Paolo Cortesi célèbre la messe du dimanche

La messe du dimanche est célébrée par le père Paolo Cortesi face à de nombreux fidèles. Une petite chapelle est aménagée à l’intérieur de l’église de la « Nativité de la Vierge », en hommage au saint bulgare.

Miroslav Mikhaylov poursuit son récit :

„C’est l’illustration du cycle de la vie, qui a un début et une fin…Les murs de la chapelle sont recouverts de part et d’autre par des fresques qui représentent des saints du 20e siècle. Ils ont tous vécu et œuvré dans différents coins du monde, restant fidèles jusqu’à leur dernier souffle au Christ. Un message au vivants qui sont exhortés à la sainteté. Et il ne s’agit pas seulement de respecter les préceptes de Saint Pierre et Saint Paul, mais de nous en tenir aux valeurs chrétiennes à chaque instant de sa vie… “

La chapelle à l'entrée de l'église, dédiée aux martyrs de la foi du XXe et XXIe siècle

Crédit photos : Vénéta Nikolova

Récit : Sonia Vasséva

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