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Dépression, burn out, stress : de plus en plus de Bulgares y succombent

| Modifié le 24/08/22 à 12:22
Photo: Pixabay

L’économie européenne perd plus de 620 milliards d’euros par an pour cause d’absentéisme dû à la dépression et au burn out (épuisement professionnel), indique un rapport du Parlement européen.

En Bulgarie 30 à 35% des gens expliquent leur malaise mental par des problèmes sur le lieu de travail. Mais ce n’est pas la seule cause. Avec la pandémie du Covid-19, les mises à l’isolement, et maintenant la guerre en Ukraine, la santé mentale des Bulgares se dégrade considérablement. "Nous constatons une augmentation des états névrotiques comme des attaques de panique, des troubles obsessionnels compulsifs et des troubles anxieux de toutes sortes", dit sur Radio Bulgarie la docteure Tsvétéslava Galabova, psychiatre et directrice de l’hôpital psychiatrique public "Saint Jean de Rila" en ajoutant :

"Cet environnement plein d’insécurité, d’instabilité, d’exigences croissantes envers l’individu pour surmonter les difficultés épuise l’énergie mentale et favorise l’apparition de troubles anxieux. Nous avons en Bulgarie de très gros problèmes avec l’environnement de travail. Beaucoup de gens travaillent sans contrat ou dans des conditions qui ne correspondent pas au contrat qu'ils ont signé. Nombreux sont aussi ceux qui travaillent sans cotisations sociales, avec des journées de travail trop longues ou dans un environnement inapproprié. D’autre part les gens deviennent de plus en plus névrosés, anxieux, désorientés et cela influence grandement les relations sur le lieu de travail. Tout cela forme un cercle vicieux qui contribue à augmenter le nombre de troubles névrotiques en Bulgarie."


Un Bulgare sur sept (14,5%) souffre de troubles mentaux à un moment ou un autre de sa vie. Naturellement, la cause n’en est pas toujours le stress professionnel. Anxiété, dépression, phobies et dépendance à l’alcool ou aux stupéfiants font partie du groupe des troubles mentaux fréquents chez nous selon des données de l’Institut national de santé publique et d’analyses. Les médias aussi contribuent à l’environnement mental insalubre.

"C’est parce que les médias déversent constamment de mauvaises nouvelles", dit la docteure Galabova. "La plupart des gens regardent la télévision pour s’informer et les journalistes télé eux-mêmes reconnaissent que ce sont les mauvaises nouvelles qui se "vendent" le mieux et les mettent en premier. Vous voyez bien comment les journaux télévisés commencent : meurtres, accidents graves de la route, cambriolages, problèmes en tous genres. Tout cela est extrêmement nocif pour notre santé mentale."


La docteure Galabova souligne que la santé mentale ne se détériore pas du jour au lendemain. Les troubles apparaissent progressivement avec le temps comme résultat d’une accumulation de problèmes. On réussit à les réprimer un certain temps et puis ça casse et les premiers symptômes se déclarent : transpiration, souffle court, montée de la tension artérielle, etc. A ce stade il est bon de consulter un spécialiste.

Malheureusement, la santé mentale demeure un sujet tabou en Bulgarie. D’ordinaire les Bulgares refusent d’admettre qu’il leur faut une aide professionnelle dans de telles circonstances. Le problème est aussi d’ordre pécuniaire, parce que la Caisse nationale d’assurance maladie ne rembourse pas les frais de psychothérapie. En fin de compte les troubles anxieux ne sont pas traités, ce qui peut avoir de graves conséquences.

Version française : Christo Popov

Photos : Pixabay

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