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28 octobre : Journée mondiale du cinéma d'animation

Avec "φ 1.618" le cinéaste d’animation Theodore Ushev fait ses débuts dans le long-métrage

Theodore Ushev
Photo: Annie Pétrova

Reconnu pour être la figure la plus importante dans l’animation mondiale au cours du dernier quart de siècle selon une enquête du Festival du film d’animation (Animac) et l’Espace culturel de Barcelone, Theodore Ushev est récompensé de plus de 200 prix internationaux et nommé aux Oscars pour son film “Vaysha, l'aveugle” d’après le récit de Guéorgui Gospodinov. Il est né à Kyustendil en 1968, une année chargée de symboles. Ses études l’ont emmené à Plovdiv où il a obtenu son bac au Lycée de Beaux-arts pour les métiers du scénique. Il a ensuite fait des études de graphisme à l’Académie nationale de Beaux-arts. En 1999, il s’est installé à Montréal où il a créé certains des films d’animation les plus prisés de notre temps en collaboration avec l’Office national du film du Canada. Les liens invisibles tissés entre son œuvre et son histoire personnelle où radio Bulgarie fait également apparition, font l’objet du récit documentaire de Borislav Kolev.   

La première du film “Theodore Ushev : liens invisibles” a eu lieu le 10 octobre à Sofia dans le cadre du festival CineLibri.


“Je me suis toujours intéressé aux artistes et aux gens de l’art, de la culture et du sport. Tout en ayant des professions, des destins et des personnalité différentes, tous mes personnages sont de la même génération : la mienne. Ils sont tous nés pendant les années 60, ils ont reçu leur formation au cours des années 70 et 80 du XXème siècle où se situe également le début de leur chemin professionnel. Ils ont mené une vie active durant les années 90 et au-delà de cette période. J’essaie toujours d’ailleurs de brosser un portrait de l’époque à travers le récit personnel de mes personnages,” indique Borislav Kolev à RNB  Varna.

Borislav Kolev
“Une ligne narrative que j’aime particulièrement raconte l’histoire du groupe punk “Nouvelles fleurs”, le premier groupe punk en Bulgarie, fondé en 1978. Les membres du groupe sont tous des amis d’Ushev de Kyustendil. Il reste toujours en contact avec eux. ”

Le documentaire révèle le militantisme social de Theodore Ushev quant à la Bulgarie et sa place sur la carte géopolitique. Ce militantisme apparaît aussi ne serait-ce que d’une manière indirecte dans son premier long-métrage. La première de "φ 1.618" tourné en coproduction entre la Bulgarie et le Canada s’est tenue le 8 octobre dans le cadre du festival CineLibri à Sofia. Invité de “Hristo Botev”, le programme culturel de RNB, le cinéaste a révélé les détails de son film qui s’inspire du roman “Toupie” de Vladislav Todorov.


La coopération des artistes bulgares à l’étranger est extrêmement importante, c’est ainsi que des chefs-d’œuvre voient le jour, ” déclare Ushev. “Même en étant des expatriés, nous recherchons le contact avec ceux qui respirent au même rythme que nous. Nous ne manifestons pas notre patriotisme en nous faisant tatouer le visage de héros nationaux que nous avons trahis dans le passé. Nous cherchons ceux qui sont nés au même endroit que nous, ceux qui ont la même vision du monde. La même idée sur la manière de rendre notre pays natal plus attrayant et plus intéressant afin qu’il soit un meilleur lieu de vie pour les générations à venir. ”


Conçu comme une dystopie, le nouveau film d’Ushev met en scène un futur lointain. L’humanité a déjà évolué à tel point que les gens sont immortels, asexués, des êtres biotechnologiques, basés sur le nombre d’or φ 1.618. Leur mission est de trouver une nouvelle planète parce que l’atmosphère de la Terre est devenue toxique. “Je suis peintre et j’aime les rapports, les chiffres. Les mathématiques comportent une sérénité, une fuite du chaos,” explique l’animateur. "φ1.618" a été sélectionné pour la 51ère édition du Festival du nouveau cinéma de Montréal qui a fait découvrir au public des cinéastes mondialement reconnus comme Jim Jarmusch, Wim Wenders et Peter Greenaway. Theodore Ushev se dit reconnaissant à ses collègues canadiens qui ont travaillé presque gratuitement sur le film.   

"Je suis ravi de voir les gens travailler ensemble au nom d’une cause sans forcément en tirer des profits matériels et dans des conditions difficiles car les bonnes causes se heurtent souvent à de la résistance et demandent un vrai dévouement. C’est pour cela qu’on a du mal à faire avancer les choses en Bulgarie, “ explique le célèbre cinéaste.


Ushev tenait à ce que la première de son film ait lieu en Bulgarie. Même s’il habite à l’étranger, il reste socialement engagé à l’égard de son pays natal, il suffit de rappeler ses dessins des yeux des soignants du service Covid l’Académie de médecine militaire de Sofia et les affiches qu’il a peints en soutien aux réfugiés ukrainiens. 

“La guerre n’est jamais une solution, cette guerre qui fait rage à nos portes,” fait valoir Ushev en se disant inquiet pour la première fois de l’évolution des événements.

"Le plus inquiétant est que d’aucuns dans notre pays soient prêts à laisser la guerre entrer chez nous en se rangeant du côté de l’agresseur, de l’usurpateur, des forces fascistes et inhumaines. Les artistes sont obligés de s’exprimer, de participer à la victoire de la normalité contre le mal, du beau contre le mal. Il faut se faire l’ambassadeur du bien.”

Edition : Vesséla Krastéva (d’après les interviews réalisés par Nina Tsanéva RNB “Hristo Botev” et Alexandre Yordanov RNB Varna)

Version française : Maria Stoéva

Photos : Annie Pétrova, Theodore Ushev, Cinelibri 

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