La cité antique de Pistiros – une cité commerciale unique près de la Maritsa

Pistiros, vue aérienne.
Photo: Alexei Gotzev /archives/
Depuis 1987 les archéologues effectuent sur les bords de la Maritsa des fouilles des vestiges d’une antique ville commerciale. Elle a été construite par des Grecs de l’antiquité sur les terres des Thraces au 5e siècle A.J.C. Son nom, Pistiros, a été découvert pour la première fois dans un accord réglant les relations entre les colonisateurs grecs et la population locale.
« Il s’agit de quelque chose qui est unique sur nos terres et qu’on voit rarement en Europe, nous explique le chef des fouilles, le maître de conférence Alexei Gotzev. Et de préciser qu’il parle des colonisateurs grecs qui, dans leur volonté de s’approvisionner en abondance en matières premières, ont été obligés de pénétrer à l’intérieur du continent européen. Nous savons très bien qu’au 8-6e siècle av.J.-C., les Grecs anciens sont partout autour de la Méditerranée et de la mer Noire où ils ont de nombreuses colonies qui ont pour mission de commercer avec la population locale. Mais ces colonies sont situées toujours sur le littoral et une des raisons pour cette localisation est la possibilité d’évacuation rapide par la mer en cas de danger. Mais ici, près du fleuve de Maritsa, la situation est différente et, de toute évidence, la colonie a été fondée car les Grecs avaient besoin de matières premières et, en plus de cela, leurs relations avec les tribus Thraces étaient suffisamment bonnes pour y établir un centre commercial », explique le scientifique.
Il ajoute d’autre part que l’histoire de cette cité reflète toute l’histoire de la péninsule des Balkans de cette époque. Pendant le règne du puissant souverain thrace Cotys les relations des colonisateurs grecs avec la population indigène sont bonnes. Sous le règne de son héritier, un accord de coopération et de cohabitation pacifique est même signé entre les communautés thrace et grecque cohabitant à Pistiros. Sur le site de l’agglomération ont été également découvertes des traces du passage des armées de Philippe de Macédoine et de son fils Alexandre le Grand, des vestiges témoignant des luttes intestines pour le pouvoir après la mort d’Alexandre le Grand. Le paysage de la vie ethnique, politique, économique et sociale dans la cité à cette époque est très varié et riche. Mais au début du 3e siècle av.J.-C. la cité de Pistiros est détruite au cours de la grande invasion des Celtes dans les Balkans.
« A cette étape de nos fouilles nous pouvons dire que nous avons découvert une cité moderne, très différente des villes thraces de cette époque en ce qui concerne surtout les édifices et les monuments urbains, souligne Alexei Gotzev. Ces différences nous pouvons les remarquer plus particulièrement chez trois bâtiments d’une architecture assez compliquée dans lesquels il y avait des espaces utilisés à différentes fins. La rue pavée mérite aussi de l’attention, elle a été reconstruite deux fois et outre les dalles de pierre et il y a aussi des trottoirs. Cette rue conduisait de la porte orientale de la cité au centre de la ville. Le système des égouts est également remarquable, les canaux souterrains sont très bien construits et ils sont recouverts de dalles de pierre. Les égouts passaient sous la rue principale, ils avaient deux ramifications au sud et au nord qui sortaient hors des murs de la cité.
L’étape à laquelle se trouvent actuellement les fouilles ne permet pas encore aux chercheurs de décider si la cité n’a été qu’une sorte de foire saisonnière ou bien une ville avec une population permanente.
Nous avons depuis longtemps l’idée d’ouvrir à Pistiros un parc archéologique, nous explique le chef des fouilles et d’ajouter :
« Le site a une très bonne location, a proximité de l’autoroute. Les vestiges que nous y avons trouvés peuvent très bien être exposés avec le tombeau du 4e siècle av.J.-C. qu’on a découvert dans le tumulus thrace à proximité. L’été, la saison active de nos fouilles, il y a souvent des touristes qui viennent voir nos trouvailles. C’est pour dire qu’on devrait faire un peu d’efforts pour exposer mieux les vestiges ici », recommande l’archéologue bulgare.

Version française : Vladimir Sabev

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