La Bulgarie dans ma vie : Daniel Pichot

Il a effectué tout son parcours professionnel dans le domaine de la finance, il n’empêche – Daniel Pichot a toujours eu un faible pour l’histoire, les sciences humaines et les œuvres de charité. La Bulgarie fait partie de ses projets depuis la fin des années 1990, quand l’association caritative Solidarités Franco-Bulgares voit le jour à l’initiative d’un groupe de ressortissants bulgares, résidant dans l’Hexagone. La notion de solidarités suggère dès le début que les membres de cette organisation à but non lucratif, souhaitent aller plus loin que la collecte de vêtements, de vivres et de médicaments.

Cette volonté se concrétise avec la mise en place d’un projet d’aménagement, réalisé sur la forteresse de Lovetch, au Nord de la Bulgarie. Quand Daniel Pichot se rend sur place pour la première fois en 2000, il découvre un site historique laissé à l’abandon, recouvert d’une épaisse végétation.

La forteresse étant alors quasiment inaccessible aux visiteurs, avec un chemin d’accès jalonné de trous béants, Daniel Pichot se voit obligé de repousser la date du spectacle. Une solution de compromis est trouvée en 2005, quand l’association décide de financer la mise en scène d’une reconstitution historique des événements ayant marqué le passé glorieux de cet endroit. La pièce, inspirée par l’histoire émouvante de l’amour impossible entre un Grec prénommé Yanatchko, et l’élue de son cœur – une certaine Anasta, d’origine bulgare, est présentée devant un public nombreux au théâtre municipal de Lovetch. Une statue immortalisant les deux amoureux, séparés dans le contexte du mouvement pour l’indépendance de l’Eglise bulgare, domine aujourd’hui encore le paysage urbain de Lovetch, juste en face de la rivière Osam. Au-delà d’une simple histoire d’amour, la pièce évoque les efforts du peuple bulgare sur son chemin vers la libération, à travers le récit de cette même Anasta. Rappelons que la ville de Lovetch était un haut lieu du mouvement révolutionnaire en Bulgarie, ayant abrité le centre des opérations dirigées contre l’Empire ottoman par le héros national Vassil Levski. Ironie du sort, celui-ci se fait appréhender par les forces de l’ordre à proximité de Lovetch. Pour Daniel Pichot, ce spectacle devait redonner le moral aux Bulgares, en leur rappelant un chapitre de leur passionnante histoire.

L’initiative de Daniel Pichot finit par porter ses fruits quand la forteresse de Lovetch retrouve enfin sa splendeur d’antan à la faveur d’un projet d’aménagement qui aboutit à la création d’un spectacle son et lumière. Une scène érigée dans l’enceinte même de ce château fort, permet de reproduire la pièce « La Résurrection d’un pays » à l’occasion des 820 ans de la signature à Lovetch d’un traité de paix entre le Royaume de Bulgarie et l’Empire byzantin – un événement majeur qui marque le rétablissement de la souveraineté des monarques bulgares au Moyen Age. Promu Citoyen d’honneur par les autorités municipales pour sa contribution au développement de cette commune de 37 000 habitants, Daniel Pichot ambitionne à présent à pérenniser l’organisation de spectacles dans la forteresse, de sorte à créer une attraction touristique permanente, qui sera également une source de revenus intéressante pour la municipalité.

La sculpture de Biala Anasta et l'élu de son coeur Yanaki, selon la légende romantique

Parmi les projets réalisés par Daniel Pichot et son association Solidarités Franco-Bulgares, il faut citer également la présentation de la Bulgarie en tant que pays invité d’honneur à la Foire du Mans, en 2006. En l’espace d’un week-end, plus de 100 000 visiteurs découvrent le stand bulgare dans cette ville française connue surtout pour sa célèbre course automobile. Le défi est de taille pour montrer une image positive de la culture bulgare, alors que notre pays vient quelques années après des invités de marque tels que la Chine et l’Inde.

Le programme comprend des présentations du chant polyphonique des Babi de Bistritsa – un groupe de chanteuses de musique folklorique, dont les interprétations ont été classées au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Les visiteurs découvrent aussi plusieurs reproductions de pièces faisant partie des célèbres trésors thraces, datées de l’époque des rois Térès Ier et Seuthès III. Les artisanats traditionnels sont également à l’honneur avec des démonstrations organisées sur place. L’opération est une véritable réussite, grâce à l’appui du Centre d’initiatives sociales de Lovetch, présidé par Svétoslav Markov.

Le stand bulgare présente aussi des échantillons des trésors des Thraces découverts sur le territoire de la Bulgarie

Parallèlement aux activités culturelles, l’association continue à œuvrer également dans le domaine caritatif, en finançant le traitement en France de patients bulgares. Depuis dix ans, les membres de Solidarités Franco-Bulgares travaillent aussi avec l’association Solidari’Terre, créée par les étudiants de deux universités lyonnaises, qui intervient auprès des centres d’accueil d’enfants en Bulgarie, qui reçoivent l’appui des futurs ingénieurs et managers venus passer leurs vacances de fin d’année aux côtés des disciples de ces institutions. « Il est très agréable de collaborer avec ces jeunes gens qui consacrent beaucoup de temps à ces œuvres caritatives. » – confie Daniel Pichot.

Le groupe d'étudiants de Lyon posent pour la photo souvenir de Sofia devant la basilique Sveta Sophia  avant de partir pour le village de Dren.

Amoureux de l’histoire bulgare, il avoue son admiration à l’égard de personnages historiques comme Vassil Levski, dont les idées d’égalité et de fraternité trouvent, selon Daniel Pichot, un écho dans le sauvetage des Juifs bulgares pendant la Seconde guerre mondiale.

Version française : Tsvetan Nikolov
nikolov.ts@bnr.bg






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