Les collisions estivales au sein de la coalition au pouvoir se sont avérées une tempête dans un verre d’eau

Photo: BGNES

Au premier jour de cette semaine de rentrée, le Conseil de coalition de GERB et des « Patriotes unis » ont tenu leur deuxième réunion, provoquée par les demandes de démissions des ministres de l’Intérieur, des Transports et du Développement régional et de l’Aménagement du territoire. La semaine dernière le conseil a reporté le débat en question pour hier et ceci, au bout de débats ayant duré presque quatre heures. Hier, à l’issue d’une heure et demie de discussions, il a été décidé que les démissions soient votées au parlement ce jeudi. Avant même que celles-ci  ne soient votées par les députés, il semble très probable que les problèmes estivaux ayant surgi au sein de la coalition au pouvoir soient surmontés exactement de la manière dont l’aurait prévu Borissov, alors que les émotions les ayant accompagnés n'ont été qu’une tempête dans un verre d’eau. Le premier ministre Borissov a reconnu avoir pris la décision relative aux démissions des trois ministres individuellement, contrairement à ce que stipule l’accord signé entre le GERB et les « Patriotes unis » mais Tsvétan Tsvétanov a assuré qu’en cas d’éventuels prochains remaniements au sein du gouvernement, les « Patriotes unis » seraient les premiers à être consultés. Le plus grand parti de la coalition envisage de réunir désormais plus fréquemment le Conseil de coalition afin que soient ainsi évités « les problèmes de communication » auxquels seraient dus les actuels malentendus. Il est cependant fort probable qu’une des formations des « Patriotes unis » - le Front national pour le salut de la Bulgarie, vote jeudi contre les démissions ministérielles mais soutienne cependant la proposition de GERB au sujet de la nomination des nouveaux ministres. Les députés du parti Ataka ont averti que des proches du premier ministre Borissov prépareraient une sorte de complot mais qu’indépendamment de ce fait, Borissov et Tsvétanov seraient convaincus que le gouvernement reste stable.

Sinon les critiques dans les médias abondent. Le quotidien socialiste « Douma » titre aujourd’hui que Borissov se serait retrouvé dans un état « de déficit de cadres » ce qui serait la raison pour qu’il soit obligé de lancer des candidatures peu connues du « deuxième échelon de GERB » pour les postes des ministres sortants. Une constatation similaire a également été faite par l’agence Mediapool selon laquelle les candidats à la tête des ministères clés de l’Intérieur, des Transports et du Développement régional bénéficieraient d’une expérience professionnelle et politique modeste. Il y en a toutefois pas mal qui s’opposeraient à cette thèse car le pressenti ministre de l’Intérieur est toutefois l’actuel secrétaire général de ce même ministère Mladen Marinov, le vice-ministre des Transports Alexandre Manolev devant succéder à Moskovski, le Développement régional étant réservé à la députée Pétia Avramova qui s’y connaîtrait, car ayant travaillé dans ce secteur.

La principale force de l’opposition – le PS qualifie les remaniements prévus « de démarche désespérée » et votera contre les nouvelles candidatures jeudi car, selon les socialistes, les nouveaux ministres poursuivraient la politique nuisible du gouvernement. Le vote socialiste ne changera cependant pas grand-chose dans le train des événements car depuis les dernières législatives aucun changement dans le ratio des forces politiques dans le pays n’est survenu. C’est notamment ce qu’a eu en vue le président de la République Roumen Radev qui, à propos des derniers événements politiques, a déclaré qu’actuellement le gouvernement était sans alternative. Il convient de souligner toutefois que l’absence d’alternative n’est pas de la faute du gouvernement, mais de l’opposition.

Version française : Nina Kounova

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