1er novembre : Journée des Lumières

Photo: БГНЕС

Le 1er novembre le peuple bulgare rend hommage à ses guides spirituels. Ce sont des personnalités comme Saint Jean de Rila, Païssii de Hilendar, Christo Botev et beaucoup d’autres promoteurs et gardiens de l’esprit national à des époques difficiles où même le pain et la survie avaient été problématiques.

Hormis ces noms que nous prononçons à haute voix, il existe également de nombreux « silencieux » gardiens de l’esprit national. Ce sont ceux dont le grand souci était de faire en sorte que le plus nombre de lectures de valeur accèdent aux lecteurs. Tels sont aussi les livres qui demeurent silencieux sur les rayons et dont seul le lecteur qui en a pris l’habitude ne peut plus s’en passer. C’est une partie de ces livres qu’évoque l’exposition intitulé « Le destin des livres » qui a été inaugurée à la Bibliothèque municipale de la capitale à la veille du 1er novembre, ainsi qu’à l’occasion du 90ème anniversaire de cette bibliothèque. Ce sont des livres précieux qui ont été conservés malgré les vicissitudes du temps et l’existante probabilité de les voir disparaître. C’est de leur destin que nous parle Ana Anastassova, dirigeante du secteur « Patrimoine littéraire » de la Bibliothèque municipale.

СнимкаLes chefs de la Bibliothèque ont pris soin de constituer son fonds de manière à ce que les livres accèdent au plus large public. Il convient de souligner également que la constitution du fonds de cette bibliothèque n’a jamais été influencée par des partialités politiques, souligne encore Mme Atanassova.

En 1941 par exemple la Municipalité de Sofia octroie des financements supplémentaires pour que soit racheté le fonds de la Librairie russe de Sofia. En juin de la même année éclate la guerre entre l’Allemagne et l’URSS, une guerre dans laquelle la Bulgarie ne souhaite pas participer et ne suspend même pas ses relations diplomatiques avec Moscou. En raison des relations très proches entre la Bulgarie et l’Allemagne nazie la librairie russe avait donc été fermée. Ses livres sont cependant conservés à la Bibliothèque municipale. En 1942 la bibliothèque rachète également les livres d’une grande exposition de la culture allemande en Bulgarie.

Sont aussi intéressantes les donations effectuées après 1944 par la Direction de la police. Font partie de ce groupe des livres qui avaient été saisis lors de perquisitions de bibliothèques personnelles de personnes soupçonnées pour avoir mené une activité traitresse à l’égard de l’Etat. Sur la couverture de ces livres est inscrit le numéro du dossier du procès conformément auquel les livres avaient été saisis. Il curieux de savoir que l’un de ces livres avait été prohibé pendant tous les régimes politiques jusqu’en 1989 – aussi bien à l’époque du Royaume de Bulgarie que lors des gouvernements prosoviétiques qui se sont succédés après 1944. Il s’agit de « L’histoire politique des Bulgares contemporains » de Kosta Todorov – révolutionnaire et politique dont le destin est turbulent et qui est le grand-père de la chanteuse de jazz Kamélia Todorova.

Les premières listes de littérature « destructive » datent de la période 1944-1948 – poursuit Ana Anastassova. Très souvent ce type de livres avaient déjà été fournis à la bibliothèque et c’est seulement après qu’ils aient été traités de nuisibles et devant être détruits. Il convient ici de rendre hommage à nos collègues de l’époque qui avaient jugé que c’étaient des livres de valeur et qui les avaient de ce fait dissimulés de manière à ce qu’ils ne puissent jamais être détruits et qu’ils attendent ainsi des temps meilleurs.

Des livres interdits avant le 9 septembre 1044. Le livre de Kosta Todorov a été interdit également au cours des suivantes décennies. Le reste sont des livres d'auteurs avec des convictions de gauche. Le livre en langue anglaise de Lavrentiy Beria, une éminente figure de l'appareil repressif stalinien mais qui, pour la gauche bulgare n'a été célèbre qu'en tant que révolutionnaire russe (à gauche). Des livres interdits après le 9 septembre 1944. Le recueil de poésies

Il y en a eu des livres prohibés de nos temps également, dans les années 60 et 80 du 20ème siècle. S’y trouvent des livres du dissident bulgare Guéorgui Markov devenu victime d’un meurtre à Londres en 1978. Y ont aussi été conservés le roman de Blaga Dimitrova « Visage », ainsi que le livre « Un jour d’Ivan Denissovitch » du célèbre écrivain et dissident russe Aleksandr Solzhenitsyn. Lors du grand bombardement de Sofia en 1944, la Bibliothèque municipale est incendiée avec tous ses 40 mille volumes qui s’y trouvaient. Mais après un examen méticuleux de ce qui aurait pu être conservé après le grand incendie, sont en effet trouvés de précieux exemplaires qui sont conservés à nos jours. Parmi les livres uniques qui y sont conservés se trouve l’une des premières éditions de « Sous le joug » d’Ivan Vazov. Ce chef d’œuvre de la littérature bulgare est imprimé en Bulgarie en 1894, un an plutôt, en 1893 le livre était édité en langue anglaise à Londres.

Version française : Nina Kounova

Photos: Bibliothèque municipale
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